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Les
valeurs culturelles identitaires très fortes, qui marquent
le territoire et créent son unité, sont le reflet
d’une présence humaine très ancienne développée
sur un territoire peu favorable.
Les mots clés de cette identité sont : châtaigneraie
et terrasses, soie mûriers et magnaneries, protestantisme et
résistance et plus récemment industries textiles et
mines.
IX ème siècle
Dès le IX ème siècle, les premiers moines sont venus
s’installer en Cévennes. Ils y implantèrent les techniques
des murettes en pierres, pour retenir la terre, et du greffage du châtaignier,
dont la culture devait suppl ée à l’absence de céréales.
Grâce à ces techniques bien maîtrisées, les exploitations
paysannes se développent au Moyen Age, jusqu’au XIV ème
siècle, marquant le territoire de terrasses et de châtaigneraies.
XVI ème siècle
Au XVI ème siècle, les Cévennes sont gagnées
par les idées de Luther. Une grande majorité de la population
cévenole (toutes classes confondues) se convertit au protestantisme.
Il s’en suit une longue période au cours de laquelle alternent
répressions et apaisements (avec relative prospérité,
notamment gr âce au commerce de la laine).
Mais, en 1685, la Révocation de l’Edit de Nantes déclenche
une terrible vague de persécutions qui obligent les plus riches à fuir
le pays (pour se réfugier en Suisse ou en Allemagne) et les plus
pauvre à résister, tantôt pacifiquement (en se réunissant
en cachette au « Désert »), tantôt plus violemment,
par les armes (durant la guerre des Camisards qui ensanglante et dévaste
tout le pays de 1702 à 1704).
Ce n’est qu’en 1787 que l’Edit de Tolérance ramène
enfin la paix sur les Cévennes, mais entre temps les disettes et épidémies
ont affaibli l’économie du territoire.
Première moitié du
XIXème siècle
Dans la première moitié du XIXème siècle, grâce à la
sériciculture et à l’industrie textile, qui se développent
en C évennes le pays et ses habitants retrouvent une relative prospérité.
Mais cet âge d’or, marqué par le développement
des magnaneries et des filatures, ne dépassa pas la fin du siècle.
Les maladies du ver à soie, du châtaignier et de la vigne ne
tardèrent pas à contraindre les cévenols à un
nouvel exode, vers les villes cette fois et les bassins houilliers, où des
activités salariés pouvaient leur offrir de meilleures conditions
de vie. Entre 1836 et 1911, la région a perdu plus du tiers de ces
habitants !
XX ème siècle
Au XX ème siècle, avec les deux guerres mondiales, les Cévennes
perdent encore une part importante de leur population jeune.
La crise économique de l’entre-deux guerres frappe l’industrie
minière et depuis les années 1950, les besoins en charbon
ne cessant de diminuer, l’activité minière décline
inéluctablement, tandis que, depuis les années 1980, l’industrie
textile est, également, gravement touchée.
Actuellement
Actuellement, la population rurale des Cévennes est relativement
stabilisée, au niveau de 100 000 personnes environ réparties
sur un territoire 3 000 KM2 (soit moins de 30 habitants au km2) et dispersées
sur plus de deux cents communes.
Compte tenu de la forte notoriété des Cévennes,
renforcée en 1970, par l’avènement du Parc
National des Cévennes le territoire reçoit un courant
permanent de nouveaux arrivants : soixante-huitards plus ou moins
rêveurs, retraités suffisamment argentés, vacanciers
suisses ou allemands dans des résidences secondaires, et
plus récemment RMIstes cherchant un répit au soleil
....
Ces arrivées, plus subies que encouragées, ont été,
pour certaines, sources de redynamisation du territoire. Des projets
innovants y ont été développés, par
des personnes séduites par le territoire et persuadées
qu’il avait encore un avenir.
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